En cuisine collective comme en entreprise, les plateaux “mer” génèrent des biodéchets très particuliers : coquilles (huîtres, moules, Saint-Jacques), carapaces et têtes de crustacés (crevettes, crabes, homards), plus quelques restes de cuisson (citron, aneth, sauces).
Bonne nouvelle : on peut les valoriser, mais pas n’importe comment. Le secret tient en trois mots : tri fin, broyage, proportion.
Coquilles (huîtres, moules, Saint-Jacques)
Majoritairement carbonate de calcium (CaCO₃) : très lent à se dégrader, tamponne le pH (léger effet alcalinisant), aucune odeur.
👉 Intérêt : amendement calcique lent + structure (granulométrie utile si broyée).
Carapaces / têtes de crustacés (crevettes, crabes, homards)
Mélange minéral + organique avec chitine et protéines : azoté, odeurs rapides si mal géré.
👉 Intérêt : matière nitrogénée — utile en petite proportion et si chaîne du froid + broyage.
“Parasites” fréquents
Sel, sable, filets plastiques, élastiques, pics, couverts.
Le sel en excès freine la vie microbienne, le plastique est strictement interdit dans le flux.
✅ Oui pour coquilles broyées (10–20 mm) jusqu’à 5–10 % du flux.
🟨 Oui pour crustacés si :
quantité modérée (quelques kg par service),
broyage fin / fragmentation,
mélange immédiat avec structurant “brun” (broyat sec),
respect du froid en amont & rotation rapide (J+0 / J+1).
⛔ Non aux gros pics de crustacés non broyés, aux lots salés ruisselants ou stockés à T° ambiante.
✅ Coquilles broyées (pour la structure) OK.
⛔ Crustacés : très odorants, attractifs pour nuisibles ⇒ à éviter sauf filière très maîtrisée (broyage + couverture épaisse + gestion T°).
🟨 Variable selon contrat : certaines unités refusent les coquilles non broyées ou les fortes teneurs en sel.
👉 Vérifier le cahier des charges du prestataire (granulométrie, proportion, emballages interdits).
À mettre dans le bac “Fruits de mer & coquilles” :
À exclure absolument :
Astuce poste
Prévoir un bac spécifique “coquilles/crustacés” + un crochet pour filets/élastiques ⇒ déparasitage à la source.
Les coquilles tamponnent légèrement vers un pH neutre à basique.
En petite proportion, aucun souci : la diversité des intrants fait l’équilibre.
En sur-dose, vous risquez de ralentir la biologie et de laisser des fragments quasi inertes.
👉 Restez sur la plage 5–10 % et broyez : vous avez l’effet structurant sans dérive.
Tout le plateau direct dans le bac (filets plastiques, pics, serviettes) →
Correctif : affiche “tri fin” + bac dédié + contrôle visuel avant fermeture.
Sacs pleins de jus salé →
Égoutter/Rincer ; si doute, orienter vers collecte (contrat).
Crustacés à T° ambiante pendant le service →
Stocker au froid et descendre au compost juste après broyage.
Pic ponctuel de 20 kg →
Étaler sur 2–3 jours + brun + surveillance T°/odeurs.
Les coquilles entières, ça passe ?
Oui si broyées. Entières, elles ne se dégradent presque pas et finissent dans le criblage.
Le sel tue mon compost ?
C’est la dose qui fait le poison. Égouttez/rincez ; en proportion modérée, pas d’impact.
Crustacés = nuisibles ?
Uniquement si chaîne du froid rompue, proportion trop haute ou manque de brun. Respectez les 5 gestes ↑.
Et l’odeur ?
Elle disparaît avec broyage + brun + brassage. Si elle persiste : réduisez la part crustacés.